Saturday, January 26, 2008

Said Chraibi

Saïd Chraïbi, né le 2 février 1951 à Marrakech, est considéré comme l'un des plus grands joueurs de Oud marocain.
Saïd découvre le luth à l'âge de 13 ans, et ne se séparera plus de cet instrument qui le conduira sur la scène internationale, en soliste, en orchestre, ou comme accompagnateur des plus grandes voix du monde arabe. Les oeuvres qu'il compose sont le prolongement de la tradition, l'aboutissement d'une recherche et d'un travail sur des modes très anciens Arabo-Andalous, Turques ou Perses. » (Cinqplanete) (voir sur le site)
Saïd Chraïbi est « un artiste qui a beaucoup apporté à la scène artistique nationale. Instrumentiste reconnu à l'échelle aussi bien nationale qu'internationale, Saïd Chraïbi est aussi un véritable découvreur de talents. Il a le mérite d'avoir révélé plusieurs artistes, dont la chanteuse Karima Skalli.(...) Pour ce qui est du luth, l'artiste possède presque tous les éléments de la famille de cet instrument noble, luth turc, baroque et autres qu'il aurait apportés de ses multiples voyages en Orient et en Europe. »

Ecouter Said Chraibi

Mel M'rabet

Mel M'rabet is based in Ottawa (Canada) and Granada (Spain). He is a Canadian citizen, born in Tetuan (Magreb) and raised in Granada (Spain). His music is a world fusion where Flamenco rooted, Northern African, Turkish and other influences are intertwined along with jazz fusion and funk and other world tendencies.

Raised by musician parents in Granada (Andalusia, Spain), Mel M'rabet was introduced to the ud at an early age, exploring the styles of fusion, Flamenco, and Middle-Eastern music. At eighteen Mel began performing professionally across Spain. By 1989 as an established musician, he toured the Andalusian region, southern France and Germany.

Upon migration to Canada, M'rabet appeared and recorded with notable musicians such as Dario Domingues, Jean Martin, Victor Nesrallah, Rob Frayne, John Geggie, Oscar Lopez, Cesaria Evora and Francois Tesberge.

In the fall of 1995, and after two successful summer tours of Spain, M'rabet was awarded a New Talent Demo Award by FACTOR. Canada Council for the Arts awarded him three grants from 1996 to 1998. One grant helped him record fusion music. Another grant enriched his repertoire by sending him to a studio in Paris where he researched Andalusian music.
While in Paris, M'rabet performed solo and with artists including Salif Keita, Anouar Brahem, Rabih Abu Khalil, Steve Lacey, Steve Potts, and Cheb Mami. He also participated in various festivals.

M'rabet's music draws not only on the rich heritage of Andalusian Music, but also on that of the Turks, the Kurds, the Armenians, and the Gypsies. All these sources have influenced his playing style and compositions. He is currently focused on developing new repertoire based on the musical roots and sources with which he grew up. In addition, he is working on a new playing technique aiding newcomers to the ud. While it is common for Western musicians to take an ornamental approach to their application of world music, M'rabet stresses that his heritage acts as the foundation for every one of his compositions.

M'rabet's compositions for the soundtrack to the film Khaled were nominated for a Genie Award in 2002. He continues to collaborate with upcoming film and documentary projects around the world. He is also working on a new recording featuring a fusion of electro-acoustic instruments, and hip-hop in Spanish.

M'rabet also has a new booking agency dedicated to promote World Music & musicians in Canada and internationally. The agency is called SoloSoul Para Musicos del Mundo

Listen to Mel M'rabet

Driss El Maloumi

Né le 25 Mai 1970 à Agadir au Maroc, Driss El Maloumi est actuellement au Maroc et dans le monde un des meilleurs joueurs de oud de sa génération. Sa culture musicale et littéraire, allieé à une rare maîtrise instrumentale, lui permet d'aborder différents styles musicaux.
Après avoir notamment obtenu une licence en littérature arabe à l'Université Ibno Zohr d'Agadir en 1993 et ayant parallèlement reçu une très solide formation musicale classique arabe et occidenatle, il a été récompensé successivement par le Premier Prix de oud, le Premier Prix de perfectionnement et le Prix d'Honneur à l'Examen National de Oud du Conservatoire National de Musique de Rabat en 1992, 1993, 1994.
Nourri de l'écoute et de la tradition des grands maîtres, son style dépasse le patrimoine légué pour s'aventurer dans des territoires musicaux où la rencontre instrumentale et l'immersion dans des genres nouveaux, tels que la musique baroque et le jazz notamment, donnent naissance à une musique puissamment évocatrice, ouverte, délicate et surprenante qui éveille la sensibilité et la spiritualité de l'auditeur.
Son jeu à la technique très sûre et délicate est empreint de la profondeur qui caractérise le oud.
Driss El Maloumi sait puiser dans la profondeur de l'âme soufie mais aussi dans tous les genres de la tradition orientale pour créer une couleur musicale où s'exprime aussi sa culture berbère.
Ses travaux se nourrissent de ses rencontres avec des artistes internationaux: Jordi Saval et son ensemble Hesperion XXI (Espagne), Piêrre Hamon (France), Keyvan Chemirani (Iran), Françoise Atlan (France), Omar Bashir (Iraq), Carlo Rizzo (Italie), Claude Tchamitchian (Arménie), Alban Darche (France) et Xavi Maureta (Espagne) en ce qui concerne le jazz.
Il a écrit et participé à la composition de musiques de scène pour de nombreux spectaclesé
Il a ausi joué aux côtés de grands poètes tels que Abdellatif Laabi (Maroc) et Adonis (Syrie). Il a réalisé en 2000 l'album de jazz : Tawada, co-écrit avec l'artiste français Alban Darche. Cet album a obtenu 4 étoiles dans le magazine: Jazzman.
Driss El Maloumi a enfin été l'invité de nombreux festivals au Maroc ainsi qu'en Espagne, en France, en Italie, au Portugal, en Grèce, en Jordanie, en Suisse, en Autriche, aux Pays Bas, en Colombie, en Argentine, et au Brésil.
Partout la presse a vanté la qualité, la pureté et la délicatesse de son jeu et de sa musique, le qualifiant de : magicien du oud.

Ecouter Driss El Maloumi

Houcine Toulali

Houcine Toulali né en 1924 à Toulal, proche banlieue de Meknès. Il a travaillé la terre en y mettant toute son âme et sa sensibilité. Il ne se contentait pas d'aimer les fleurs; il aimait la musique avec la même ferveur. Ainsi qu'il avait coutume de le dire lui-même : "son amour de la musique était tel qu'il allait à pied depuis Toulal jusqu'à l'ancienne Meknès pour écouter les grands maîtres comme Cheikh Benaïssa, Cheikh Bertal, El Khiati père, Ibn Abdallah, Ben Amar et tant d'autres"

A ses débuts, il a appris les chants modernes et ceux en vogue au Moyen-Orient. Puis il a commencé à apprendre les qassidas de melhoun.Il avait une belle et douce voix faite pour cette poésie. Même s'il ne savait pas par cœur les poésies, les grands Maîtres ont cependant commencé à faire appel à lui, tant ils étaient séduits par sa Voix. Berbérophone, son élocution et sa diction étaient parfaites quand il chantait le Melhoun, laissant sous le charme Maîtres et public.Puis il a songé à préserver coûte que coûte ce trésor musical en créant une Ecole de Melhoun. De cette école, sont issus des artistes portant l'empreinte "toulalienne" (voix, diction, élocution).En 1958, Moulay Ahmed Lemderi, grand musicien d'arabo-andalou fait appel à lui pour lui donner une place de choix dans son orchestre tant ses mérites étaient grands et a vu dès cette date que Toulali deviendrait un immense artiste au service du Melhoun, que Houssein Toulali deviendrait la Référence du Melhoun.
Et pourtant l'objectif premier de Lemderi n'était pas de se faire accompagner par Toulali mais bien de lui enseigner la théorie musicale.D'ailleurs, il suffit de l'écouter chanter, de se laisser pénétrer par cet Art du Melhoun et vous sentez l'importance de son travail tout entier dédié au Melhoun.Pour autant, il ne s'est pas contenté de chanter le Melhoun ; il a accompagné de grands ensembles, a participé à des groupes tant sa soif de connaissances musicales était inextinguible. Il voulait aussi insuffler un air nouveau au Melhoun et assurer ainsi sa pérennité.Il a travaillé en compagnie de Jil Jilala sur de nombreux spectacles, a enregistré plusieurs émissions de télévision ainsi qu'une cassette.Est-il utile de rappeler l'enregistrement de "Chemaa" (la bougie) de Mohamed Ould Arzin, de "Chaada" (le rayon de miel) de Benslimane ou bien encore "Mezin o solek" (Ton amitié m'est précieuse) de Sidi Abdelkader El Alami et pour finir Lotf Allah El Ghafi de Hadj Ahmed El Rabli, etc

Toulali est le seul artiste qui a pu conduire le Melhoun jusqu'aux grandes scènes internationales. Le premier il a enseigné le Melhoun au Conservatoire du Ministère de la culture et au Conservatoire Municipal de Meknès.Aujourd'hui, beaucoup chantent le Melhoun et le doivent à Toulali et à son école. Son charisme et son mimétisme sont à l'origine de bien des vocations.Il a occupé une chaire à l'Orchestre de la Télévision et Radio marocaine qui rassemblait les meilleurs éléments comme Cheikh Benaïssa El Fassi, El Hadj Tahmi El Arouchi, Mohamed El Oufir, Benghanem, Nasseh El Filali, etc …Il a été le premier interprète de Melhoun au théâtre en compagnie de Tayeb Siddiqi dans une pièce intitulée "Noor o déjoor", suivie de Harraz et a travaillé également avec Abdeslam Chraïbi.Il a joué du théâtre diffusé à la télévision dans une émission "Musk el Lil".Il a tourné un documentaire musical sur le Melhoun avec Izza Genini dans sa série "Maroc corps et âme".Beaucoup de poésies ont été interprétées par les grands Maîtres. Mais la plupart étaient inconnues du public jusqu'à l'arrivée de Toulali, à la voix si belle, si particulière que l'on appelle "filali", Toulali devenue la Référence.
Lorsque vous entendez sa voix, vous sentez toute la force du Sahara et toute la douceur des dattes du Sahara ; Cette force et cette douceur ont donné une puissance inégalée à son interprétation du melhoun.Autodidacte, il a cependant été l'égal des grands en matière d'enseignement. Tout l'amour qui était en lui, il l'a mis au service de son Art. Il remplissait tous les suffrages et faisait l'unanimité car c'était un homme de cœur, un homme de Dieu.Un jour, au cours d'un entretien qu'il accordait à un journaliste, ce dernier lui posa la question de savoir qui entre sa famille et l'art passait en premier. Il a répondu : …"Dieu !Car si tu aimes Dieu, Dieu te le rend au centuple et te facilite le cours de ton existence…"
Son existence fut une vie de dévouement absolu au service de son art. La discrétion, le silence étaient ses compagnons et ne il s'occupait en aucune façon des coulisses du milieu artistique.Il est le seul à avoir enregistré autant de poésies de Melhoun (près de 43 cassettes). Tous les grands thèmes de la vie ont été abordés tels que : Tawassoulat (Prières à Dieu), Madh (Louanges au Prophète), Hob (achaki) Amour, sur la nature (rabiiet, sapouhi et dahbia), sur le rire (tarjamat), sur le vin divin (saqi et el khamriyat) mais aussi le football etc

Toulali vit parmi nous de toute éternité. Il a laissé pour la postérité une école de référence. Vous ne pouvez parler de melhoun sans évoquer Toulali. L'un ne va pas sans l'autre. Ils sont à tout jamais associés.Un hommage national était prévu pour cet artiste qui a tant donné au Maroc, à son peuple, à son Art mais la Mort est venue le chercher un lundi matin, le 7 décembre 1998, laissant derrière lui tristesse et désolation mais laissant aussi une école, des élèves, des enregistrements, un nom, le sien à tout jamais dans nos coeurs.Les quelques lignes consacrées à cet artiste hors du commun sont évidemment bien loin de constituer un hommage et néanmoins sont le témoignage et le gage de ma profonde vénération à ce grand homme.

Ecouter Hadj Houcine Toulali

Choukri

Choukri was brought into the world in 1971 in the very heart of Ikashouan, an Amazigh (Berber) village north of Morocco, by a woman who would forever play a meaningful and highly valued role in his life. The village joyously heralded his birth with Izran. In Amazigh tradition many births were ? and still are - welcomed with Izran, songs straight from the heart, poetry filled with rhyming verse. Izran are sung to alleviate the sorrows of life but also to receive good fortune with a smile of bliss.

In his young days folksongs constituted the humming engine that would take Choukri to an unknown destiny. At a very early age he started developing an interest in the Izran which were sung to percussion accompaniment in his village during festivities, as they still are today. He let himself be led by this tradition of song and music and its impact on his musical
development can still be felt today. He was still quite young when he first started experimenting with Izran on a nylon guitar he had made himself.

By the end of the 70's, when he was 9 years old, he moved with his parents to the town of
Al Hoceima. He was 10 years old when for the first time in his life he had the opportunity to behold two real-life guitars. The two guitars were offered for sale in a tiny music shop, the only one that Al Hoceima possessed. This experience has been indelibly printed in his memory and to this very day he can recall the two guitars on display, a smaller and a bigger one. He was deeply moved by the symbolism of the music which was so nearby and so concrete; it couldn't help but make his hunger for music grow even bigger. There wasn't a day that passed without Choukri going by the shop window and feasting his eye on the guitars displayed there. The small one was the guitar he had fallen in love with at first sight - he drifted away in a flood of dreams about possessing and playing this lovely instrument. Finally, after six years of sustained saving he could buy the guitar he felt he had a spiritual bond with. His dream had come true. Now that he possessed the guitar he could join up with the other musicians. Amidst the musicians of the town of Al Hoceima
he had all the elbow-room he needed to discover and develop his musical talents.

He started composing protest songs and songs which put the burden of an Amazigh's life into words. The neglect his people were suffering and their yearning for freedom and equal treatment in human rights took shape in his musical performances. Dissatisfaction with political repression and economical discrimination of his people drove him to give expression to his displeasure.

In 1990 the harsh circumstances forced Choukri to flee the callous reality of every day
Morocco and to move to Holland
, where he got in touch with artists from various cultures. This cultural connection between musicians of all sorts of ethnical backgrounds resulted in a fruitful cooperation. As he himself so aptly puts it: "For me, music is a source of solidarity and infinite harmony. Music is a unique way of voicing our daily reality. For me, musical expression has and knows no ethnical restrictions or boundaries.
In music I feel the presence of a power which can bring people and nations closer together."

His inner observations are largely grafted onto motherhood in all its literal and metaphorical contexts. With diligence, intensity and reflection he tried to incorporate the songs into his musical performance. In his permanent search for songs with depth he had found a number of authors whose literary talents he greatly admires and respects. These authors gave themselves entirely to the work and in their poems he recognized poetical passion and an admirable esthetic sense of reality as well as imaginative power. He himself expresses it as follows: "Poetry is the art that puts reality into words and music gives it voice. Music is an expression of emotion." By broadening his horizon he hopes to deepen his music. His inspiration is everyday life.


1st Album: 'Mara Mmutegh a Yemma' - 'If I die my mother'
In 2000 Choukri started recording his first repertoire and by the end of 2003 he brought out the melancholic album 'Mara Mmutegh a Yemma'. With his very personal style Choukri lives up to his reputation in the world of Amazigh music.

PREVIEW
The rediscovery of traditional music and my absorption in it gave me innovative ideas which led to further development of the Amazigh music. The connection between traditional and modern music produced in me progressive and innovative ideas. My passion for music continues undiminished in my life.

A selection of his performances from 1991 to 2003:
With his musical performances Choukri aims to make a positive contribution to the diversity within Dutch society. Beginning in 1991, Choukri gives live performances during various Amazigh and Dutch cultural festivals in a great variety of towns. He has performed in many places, such as de Rode Hoed in Amsterdam, Cultural Centres, Open Stages and schools in Holland.

AMAZIGH cultural day based on AMSAWAD (12th May 2001, Amsterdam)
Amsawad, which means communication - the same conception that (mis)understanding often hinges upon -, is the central theme of the cultural event which the Amazigh organization "Tharazouth" set up in Audio in Amsterdam. Various population groups from different cultural backgrounds met with the intention of making and maintaining contact. This day was
especially meant for exchanging all cultural substances that can be found in Holland.
Choukri, Wallid Mimoun, Ayned and others had been invited to give a live concert to herald the event and to provide it with musical accompaniment.

TAMAZGHA Festival in the Melkweg, Amsterdam
On 11 and 12 January 2003 musicians of Amazigh origin ushered in the Amazigh New Year at the Tamazgha Festival. Initiator and organizer Marmoucha had brought artists together in order to give them the opportunity to compare notes and to exchange useful skills and expertise. This led to an explosion of inspiration in the artists, which in its turn resulted in great enthusiasm with the audience. Choukri and Takfarinas were among the honoured participants of the festival. On that day, artists from all corners of the Amazigh musical world proved that musical diversity can lead to surprising unity when there is harmony.

Visit Choukri's official website
Listen to Choukri

Nour-Eddine


Musician, choreographer and singer, Nour-Eddine was born in Morocco,Based in Italy and has been involved in various groups of ethnic and Gnawa music, traditional music of the desert, such as Azahara, Desert sound, Jajouka, with whom he has played both in Italy and abroad. He has worked with the group Trancendental on their project 'Rinascimento', and sung in the film L'Appartamento, by Marco Bellocchio. In 1997 he founded the group 'Nour-Eddine Fatty', a cultural and musical project, which won the folk festival in Vejano. The second CD is "Gnawa & JahjukaTrance".

Listen to Nour-Eddine

Friday, January 25, 2008

The Burda by Al-Busiri

The Burda by al-Busiri is arguably the greatest classic poem in the Arabic language in praise of the character and exalted rank of the prophet Mohammad (peace and blessings be upon him) composed by Imam al-Busiri in the 13th century CE in Mamluke Egypt it has been recited ever since throughout Muslim lands from east to west and north to south, and has always been perceived as containing real benefits, blessings and miracles.

The Fez Singers
THE FEZ SINGERS perform in this production the entire Burda. The main poem is intertwined with extracts from the Hamziyya, al-Busiri's other great poem, and other famous qasidas. This is possibly the first time such a recoding has been accomplished in thes Andalusian style.

Bennis Muhammad, who is the director, and his brother Abdelfettah, who feature prominently in these recordings, and who form the core of the group, are well known singers in Morocco and perform regulary for the King. Bennis Muhammad also runs a medrassah in the heart of Fez where the fine art of Andalusi singing is taught to classes of children and adults as it has been for centuries.

Many people in Morocco know the Burda and all the different ways of singing it. But the Fez singers bring to it an intensity and level of technical and artistic intricacy which displays it at its finest and with their annual performances at the Fez Sacred Musc festival they are rapidly establishing for themselves a world-wide reputation.

Listen to The Burda by al-Busiri

La musique sahraouie

La musique sahraouie est une mixtion de deux musiques, arabe et africaine. Cette dernière intervient principalement au niveau des rythmes. La danse sur la musique hassani s'effectue sur fond de sons rythmiques de tambours. L'un d'entre eux a la forme d'un récipient fermé à son embout par un morceau de peau finement étendu.

Il arrive que les hommes sahraouis dansent sur les dunes de sables; les femmes, quant à elles, les accompagnent en effectuant des mouvements expressifs indispensables à la danse.

Il faut noter que l'ingéniosité des femmes sahraouies dans cette expression artistique apparaît dès qu'elles mettent la main sur un tambour. Elles expriment alors leurs émotions de joie et de bien-être par un gestuel ryhtmé et sensuel des mains et des doigts.

Ces doigts verdâtres des femmes, teints au henné, dessinent des motifs dans l'air qui prodiguent à la danse sahraouie un sens incroyablement expressif.

A cet égard, les femmes sahraouies expriment leurs danses en toutes occasions notamment pendant les fêtes nationales, les cérémonies religieuses, les réunions familiales et les mariages.

Ecouter La musique sahraouie

Abderrahim Amrani Marrakchi

A musician and a Sufi master, Abderrahim Amrani Marrakchi is one of the last group leaders – “moqaddem” – of the Hamadcha brotherhood. He is unquestionably the most famous moqaddem, valued for his erudition and his great musical skills.
He was born in 1967 in Fez. When he was a child, he joined the brotherhood in a group that was at that time led by his father. He was trained as a musician and became leader of the group in 1985. He is concerned about the preservation of the Hamadcha’s heritage, which is endangered by the modernization of Morocco, and devotes a large amount of his time to training children.
His group regularly performs in traditional music
festivals, in Morocco and abroad.

Ecouter
Hamadcha

Aissawa

La confrérie des Aissawa est un ordre mystico-religieux fondé à Meknès au Maroc par Muhammad ben Aissâ (1465-1526 / 882-933 H.), surnommé le « Maître Parfait » (Chaykh al-Kâmil). Les termes Aissâwiyya ('Isâwiyya) et Aissâwa ('Isâwa), issus du nom du fondateur, désignent respectivement la confrérie (tariqa, litt. « voie ») et ses disciples (fuqarâ, sing. fakir, litt. « pauvre »). À l'origine clairement orthodoxe, la confrérie des Aissâwa est devenu un phénomène social complexe, à la charnière du sacré et du profane, du domaine privé et public et des cultures savantes et populaires. Les Aissâwa sont célèbres dans le monde arabe pour leur musique spirituelle caractérisée par l'utilisation du hautbois ghaita (syn. mizmar, zurna), de chants collectifs d'hymnes religieux accompagnés par un orchestre de percussions utilisant des éléments de polyrythmie. Leur complexe cérémonie rituelle, qui met en scène des danses symboliques amenant les participants à la transe, se déroule d'une part dans la sphère privée au cours de soirées domestiques organisées à la demande de particuliers (les lîla-s), et, d'autre part, dans la sphère publique lors des célébrations des fêtes patronales (les moussem-s, qui sont aussi des pèlerinages) et des festivités touristiques (spectacles folkloriques) ou religieuses (Ramadan, mawlid ou naissance du Prophète) organisées par les États marocains et algériens.

Malgré leur musique particulièrement roborative, les Aissâwa ne bénéficient pas du même engouement que les gnaoua auprès du public occidental. Cepandant, comme les gnaoua et les Hamadcha - auxquels on les confond sans cesse - les Aissâwa ont toujours été décriés et localisés au plus bas de la hiérarchie confrérique. Deux raisons principales à cela :

* 1ère raison : la confrérie des Aissâwa possède dans son rituel cérémoniel des éléments non islamiques apparus au fil des siècles, tels que l'exorcisme et les danses de transe.

* 2e raison : les disciples Aissâwî furent recrutés traditionnellement parmi les populations paysannes du Maghreb, ou défavorisées et marginalisées des grands centres urbains.

Dans un Maghreb traversé par une modernité conservatrice (l'islamisme politique) et une grave crise économique, il est aisé de comprendre que cette confrérie cristallise les tensions et les contradictions de la société en raison de l'image stigmatisante que l'opinion majoritaire lui renvoie.

Ecouter Aissawa

Nass el Ghiwane

Nass el Ghiwane is a musical group of Morocco. Whenever mentioned in the Western literature, they are referred to as The Rolling Stones of Africa, as American Producer Martin Scorsese once put it. They are living legends who merged the rich repertoire of traditional music of Morocco with modern subjects.

Ecouter Nass el Ghiwane

Aicha Redouane


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Aicha Redouane

Née berbère à Ait Attab une localité du Moyen-Atlas marocain, sa famille s'installe en France et poursuit des études d'architecture et se prend de passion pour le répertoire musical classique égyptien, en effet, très précoce dans sa découverte cette musique, elle manifeste déjà une passion pour la musique arabo-andalouse en découvrant de vieux 78 tours de la Nahda et elle écoute avec passion et assiduité les grands maîtres du style classique fondé sur les Maqâms comme Al Hamuli, Mohammed Othman, Salama Higazi, Yusuf Al Manyalawi. Avec Habib Yammine, un célèbre musicologue et pédagogue libanais, elle crée la formation musicale Al-Adwâr qui présente l'art du Qanoun, et met en avant l'oud, les percussions, la flûte ney.

Aicha Redouane chante dès sa plus tendre enfance. D'un répertoire festif utilisé dans les veillées, elle passe, à l'âge de six ans, à l'apprentissage de la musique d'Oum Kaltoum. Puis elle s'installe très jeune dans le sud de la France et entreprend des études d'architecture.

Aicha Redouane, dont l'année 1993 marque un tournant dans sa carrière avec un premier triomphe au Théâtre de la Ville de Paris, un premier album distingué d'un Choc de la Musique et d?un Diapason d'Or, s'est produite également au Festival des Musiques Sacrées de Fès aux côtés de Monserrat Figuerras et de Françoise Atlan.

Ecouter Aïcha Redouane

Ali Bahia El Idrissi

Si quelqu'un est imprégné de worldmusic, c'est le cas de Ali Bahia El Idrissi. Idrissi, qui a vu le jour à Casablanca (Maroc), est non seulement un chanteur très doué mais aussi un percussionniste, un arrangeur, un compositeur et un parolier qui se fait beaucoup estimer. C'est au Maroc qu'il a fait les premiers pas de sa formation musicale. Il a étudié là le chant andalou et il s'est spécialisé et perfectionné dans le chant soufi tel qu'il a été vulgarisé dans le monde occidental par des maîtres dont le Pakistanais Nusrat Fateh Ali Khan sert surtout d'exemple.

Dans le passé, Idrissi a réalisé avec ses orchestres non seulement des avant-programmes pour Cheb Mami et Cheb Khaled, mais il a créé aussi plusieurs vidéoclips où joue entre autres Casa Express, qui s'est présenté fréquemment à la télévision marocaine (et aux Pays-Bas aux différentes antennes des migrants).

Des musiciens avec qui Idrissi a récemment collaboré, sont entre autres Rachid & Samir Laklifi et Mohammed Benchakhchakh. En 1998, Idrissi a collaboré pour la première fois avec l'artiste du son Michel Banabila ce qui a eu pour résultat la bande

"Idrissi".

Dans le passé, Banabila a collaboré entre autres avec East meets West, Yasar Saka, Erkan Ogur et Byzantium. Jusqu'ici il a à son actif un nombre considérable de CD solo parmi lesquels l'album "VoizNoiz-urban sound scapes" (Steamin' Soundworks 1999) qui a été bien reçu au niveau international.
La collaboration entre Banabila et Idrissi s'est avérée si fructueuse qu'elle a abouti à des projets nouveaux qui se retrouvent sur le CD promotionnel "Kawakib Al Maghreb", produit par Banabila et sorti par "De Zuid-Hollandse Popunie" (Union pop de la Hollande méridionale).

Ensuite, Idrissi et Banabila ont pris la décision d'unir vraiment leurs efforts pour produire le premier album solo d'Idrissi. Banabila en a pris l'initiative, s'en est fait compositeur, a fait des arrangements mais s'est chargé aussi de diriger l'enregistrement, tout en se servant des talents d'une sélection de musiciens invités renommés.

La musique moderne d"Idrissi et de Banabila, musique où toutes sortes de civilisations se fondent, se caractérise par l'emploi d'instruments occidentaux comme des samplers auxquels s'ajoutent des instruments traditionnels à cordes et à percussion. Tout cela a comme résultat un mélange excitant de chant soufi, triphop, ambient et dance-beats, derrière lequel se cache très clairement un groove oriental hypnotisant.
Aussi la musique rentre-t-elle parfaitement dans le mouvement actuel "Global Music" auquel appartiennent aussi entre autres Outcaste, Yulduz Usmanova et Natacha Atlas/Transglobal Underground.

En public, la combinaison du chant d'Idrissi et l'improvisation filmique de BANABILA sur sampler, complété par entre autres Piet Legerstee sur guitare constitue un événement impressionnant et hypnotisant.

Wednesday, January 23, 2008

Ahmed Piro

Ahmed Piro est né à Rabat en 1932. Il étudie le Coran et entre en 1944 à l'école Guessous de Rabat où il rencontre Hajj Othman Jorio qui encadre les meilleurs voix d'élèves et leur enseigne la cantillation coranique. Il y suit également l'enseignement musical de Moustafa Maaroufi et d'Omar Al Oufir et se perfectionne auprés du maître Hussayn Belmeki Hajjam tout en écoutant sur Radio Alger les concerts des plus grandes voix gharnaties de l'époque: Dahman Benachour, Cheikh Mnawar et Mohammed Sadiq Bjawi.

Cette carrière artistique de haute tenue qu'Ahmed Piro, par ailleurs négociant à Rabat,méne toute sa vie en amateur éclairé,lui vaut en 1989 le Wissam Arida,décoration que feu SM le roi Hassan II décernait aux personnalités les plus marquantes de la vie culturelle et politique du Maroc. La pratique moderne du Tarab Gharnati au Maroc date des annèes 20.

Entre 1923 et 1928 Mohamed Bensmail à Oujda et Mohamed Benghabribt à Rabat,tous deux maîtres algériens,ont rassemblé autour d'eux des amateurs de musique épris du style gharnati. C'est cet effort qui a donné Cheikh Salah et Ahmed Zemmouri à Oujda d'une part et Ahmed Benani et Ahmed Piro à Rabat d'autee part. Ces maîtres marocains et d'autres de leur génération ont agréménté le Tarab Gharnati d'une interprétation toute marocaine.

Ecouter Ahmed Piro.

La musique gharnati

La musique gharnati (en arabe nom de la ville espagnole de Granada) constitue le mode musical le plus courant dans la ville marocaine d'Oujda, où d'ailleurs est organisé chaque année au mois de juin le Festival International de la musique Gharnati. Cette musique demeure une symbiose presque millénaire entre divers apports arabo-hispaniques de l'Andalousie. Cet art musical a été conservé principalement à Tlemcen en Algérie et à Oujda, proche de la frontière algérienne. Il s'est influencé de la musique turque sous l'empire Ottoman dont l'influence est sensible au niveau de l'interprétation vocale et instrumentale. Gharnati est le terme sous lequel on connaît au Maroc la musique arabo-andalouse, forme la base principale du répertoire incluant en plus d'autres formes musicales marocaines arabe et judéo-arabes.

Les formations qui exécutent la Nouba Maya est composé d'un petit nombre de musiciens qui sont à la fois des instrumentistes et des chanteurs. Toutefois, malgré les influence ottomanes la mélodie de base conserve l'esprit des origines. Le chant est exécuté à l'unisson, enrichi parfois de par des ornements vocaux effectués par le "Mounchid". Cette musique ramenée d'Andalousie par les arabes a réussi à garder son caractère ancestral et sa richesse musicale est enjolivée par des textes chantés qui sont parmi les plus belles pages de poésie arabo-musulmane d'Andalousie.

Ecouter la musique gharnati.

La musique Rai

L'origine du mot raï, qui signifie « opinion », « avis » ou « point de vue », viendrait de l'époque où le cheikh (maître), poète de la tradition melhoun, prodiguait sagesse et conseils sous forme de poésies chantées en dialecte local. Cependant, dans le contexte de la complainte populaire, le chanteur qui se plaint de ses propres malheurs sans vouloir accuser personne s'accuse lui même. Et plus exactement, il s'adresse à sa propre faculté de discernement, à son raï qui, cédant aux sentiments, l'a conduit à prendre les mauvaises décisions. Le chant commence ainsi : Ya Raï (ô mon discernement).

A comparer avec d'autres registres tel que le Mawal où le chanteur s'adresse à son maître et seigneur; ou encore les Layali où il s'adresse à la nuit, et Ya 'Ayn, ... le plus cher de ses organes.

Ecouter la musique Rai.

La musique Chaabi

aLe chaâbi est une musique que l'on retrouve fréquemment dans les mariages et ce style est souvent associé à la fête. L'utilisation du langage populaire et la création de nouveaux rythmes ont fait de ce style un complément essentiel de la danse. De nombreuses tendances sont apparues. Ainsi, au Maroc, de nouvelles chikhate, des petits groupes de quartier et autres chanteurs et chanteuses de charme ont pu proliférer dans toutes les villes.

Ecouter la musique chaabi.

Monday, January 21, 2008

Majid Bekkas

Majid Bekkas, oud and guembri virtuoso, guitar professor and singer, has long been a star in his home country Morocco. Over the last few years, he has found his way into the European jazz scene through his collaborations with Archie Shepp, Louis Sclavis, Flavio Boltro or Klaus Doldinger. Abdelmajid Bekkas was born and still lives in Salé, Morocco. He studied classical guitar and oud at the National Conservatory of Music and Dance in Rabat and learnt Gnawa music through the teachings of the master Ba Houmane. Gnawa appeared in the 16th century. During the conquest of Sudan, Ahmed El Mansour Dahbi set up the first trading and cultural links between Timbuktu, near Zagora where Bekkas comes from, and Marrakech. The secular music is still considered the "healer of souls" from Essaouira to Marrakech, easily understandable when you listen to the spellbinding sound of Bekkas´ voice, guembri and guitar. Like a watermark, the mystery of Africa can be felt in the backround, alongside the blues. Gnawa´s intact purity is the essence of the authenticity. By claiming to be part of Africa, the mother of the blues and ist numerous offspring such as funk, Bekkas is placing Gnawa in its primary dimension. By opening the spectrum (including elements of contemporary western music), Bekkas attains a universal status that is nurtured by the path he travelled. These include: jazz, alongside pioneers such as Peter Brötzmann, Archie Shepp, Flavio Boltro, Louis Sclavis.
With "Daymallah" Bekkas represents Morocco on the award-winning CD compilation "Desert Blues 2". He already performed at several international festivals, such as WOMEX Sevilla 2003, Gaume Jazz Festival, Huyart Festival, Grenoble Jazz Festival, Festival de Essaouira, ...
Bekkas´ openness and ability to balance modernism and memory with a rare talent that knews no compromise, frees the music from the stamp of time. The memory is that of pain and wisdom, of songs that come from the slaves of Africa.

For Klaus Doldinger's "Passport to Morocco", Bekkas established the connection with the current scene in Morocco and brought the German saxophonist together with the country's best musicians. His collaboration on the album, which was released in 2006 and received a German Jazz Award, introduced him to an international audience, as did the jubilee tour to celebrate Doldinger's 70th birthday (it was an extended tour: more than 50 concerts with an audience of almost 100.000).

Discography:

"Kalimba", Joachim Kühn, Majid Bekkas, Ramon Lopez (ACT 9456-2), 2007
"Mogador", 2004
"Cité invisible" with Beniat Achiary, Ramon Lopez, Ines Bacan and Pedro Soler in 2003.
"Hommage à Roland Kirk" with Ramon Lopez in 2002
"African Gnaoua Blues", 2001
"Soudange", produced in Morocco in 1991

Ecouter Majid Bekkas

Moulay Ahmed Loukili


Moulay Ahmed Loukili est né à Fès en 1909.

Moulay Ahmed Loukili apprend d'abord la musique auprès de son père, puis en auditeur libre à la mosquée universitaire Quaraouiyine où il rencontre ses premiers maîtres, Mohamed Zahi Berrada qui lui enseigne le oud, Mohamed Ayyoush et Abdelkader Kourrish qui l'initient au répertoire des san'a. Mais ses vrais maîtres seront Al-Brihi et Al-Mtiri, qui rendront d'ailleurs hommage à son talent. Jusqu'en 1936, Loukili fait partie de l'orchestre Al-Brihi à Fès, puis il repart pour Tanger où il fonde l'association Ikhwan al-fan (frères de l'art) qui organise des concerts et assure un enseignement musical.

Professeur au conservatoire de Tétouan, Loukili en profite pour approfondir sa connaissance du répertoire en apprenant les san'a' spécifiques des styles de Tétouan et de Chefchaouen.

En 1952 il devient chef de l'orchestre de la radio, fonction qu'il assure jusqu'à sa mort à la fin de l'année 1988.

Le style de Ahmed Loukili se caractérise par la précision du dawr (mètre poétique) et une parfaite maîtrise de l'utilisation des taratin (syllabes vides complétant le dawr), ainsi que par son souci constant de corriger les erreurs de langue et de grammaire très courantes chez les musiciens. Par un constant effort de recherche et d'analyse, il a également fait oeuvre de restauration en exhumant des san'a partiellement oubliées dont il a reconstitué le mètre et certains passages mélodiques

Laissant des élèves dans les villes où il a séjourné, Ahmed Loukili a également fait des adeptes un peu partout qui le tiennent, à juste titre, pour l'un des plus grand maître de la musique arabo-andalouse.

La conservation des documents concernant la sauvegarde des enregistrements visuels sont considérés comme d'une valeur artistique et culturelle inestimable. La rediffusion des enregistrements en noir et blanc des années 1960 et 70 sont considérés comme patrimoine culturel national au Maroc.

Ecouter Moulay Ahmed Loukili

Salim Hilali

Salim Hilali : le chantre de la modernité

Salim Hilali est né à Bône (Annaba) en Algérie le 30 juillet 1920, d'une modeste famille de boulangers, originaire de Souk Ahras ? berceau d'une des plus grandes tribus Chaouia, les Hilali. Très jeune, il quitte ses parents et débarque à Marseille en mars 1934 d'un bateau "moutonnier". Il "monte" à Paris pour l'Exposition universelle de 1937. Il y commence une carrière de chanteur espagnol. C'est sa rencontre avec les chanteurs Bachtarzi Mahieddine et Mohamed Elkamal qui marquera le début d'une carrière fabuleuse de chanteur oriental. En 1938, il fait la tournée des capitales européennes avec la troupe de Mahieddine et, la même année, il se produit dans un spectacle grandiose dans le plus grand cinéma de Marseille, place du Théâtre. Il ne tarde pas à "monter en flèche". Malgré son amour pour le chant espagnol il est resté très attaché à la musique algérienne et il détiendra le record de la vente des disques en Afrique du Nord.

En 1940 il fut sauvé des camps de concentration grâce à l intervention de Si Kaddour Benghabrit, recteur de la Mosquée de Paris, qui lui délivre une attestation de conversion à l'islam au nom de son père et qui pour corroborer cela, fait graver le nom de son père sur une tombe abandonnée du cimetière musulman de Bobigny. De plus il le fait engager au café de la Mosquée de Paris où il s'est produit régulièrement avec des artistes aussi importants qu'Ali Sriti et Ibrahim Salah. En 1947, il crée un cabaret "Ismaïlia Folies" dans l'hôtel particulier de Ferdinand de Lesseps, avenue Montaigne à Paris. En 1948, il en crée un second, "Le Sérail", rue du Colisée.

En 1949, au sommet de sa carrière, il choisit de vivre au Maroc où il est, comme partout, reçu dans les grandes familles. Il installe à Casablanca un des plus somptueux cabarets du monde, "Le Coq d'Or" avec six salons décorés de draperies tissées d'or et de meubles Louis XV authentiques. A cette époque il est souvent allé à Tunis pour engager des artistes chanteurs et musiciens, entre autres "la grande dame" de la chanson tunisienne, Chafia Rochdi, à laquelle il vouait une admiration sans bornes.

En 1965, il se retire à Cannes dans une magnifique villa où il vit entouré d'oeuvres d'art et de bibelots rares. La passion de la chanson ne l'ayant jamais quitté, le voilà en 1970 qui entreprend une deuxième carrière, cette fois en français, avec une musique qui reste néanmoins très influencée par la musique arabe. C'est la première fois qu'un chanteur oriental tente de faire carrière en Europe en y apportant ce qu'il y a de mieux dans la musique arabe, le rythme et le raffinement de la mélodie. La parution d'un disque chez Polydor en 1970 fut suivie par un grand gala dans une salle inhabituelle pour la musique de variétés: "la salle Pleyel", réservée d'ordinaire aux divas et autres grands interprètes de musique classique. La salle était comble le soir de cette première internationale mais le public habituel de Salim, qui lui faisait fête, le tira insensiblement vers ses grands succès de la musique arabe.Le lendemain, la presse unanime ne tarissait pas d'éloges sur la nouvelle étoile que le monde occidental venait de découvrir. Les radios et la télévision firent le siège de l'artiste pour obtenir une interview ou pour l'intégrer dans leurs grandes émissions. Salim fut terrorisé par cet assaut médiatique qui dérangeait la retraite dorée qu'il s'était construite dans sa grande villa de Cannes.

Fuyant la vie trépidante qui risquait de devenir la sienne, il préféra retrouver sa vie paisible et tranquille, ne donnant accès à personne dans sa vie privée et ne prenant de "bain de foule" que de temps à autre, selon son bon plaisir et non par obligation professionnelle. Il indemnisa totalement la compagnie de disques pour les frais engagés et reprit sa liberté .

Il avait consacré près de quarante ans à la musique maghrébine qu'il avait servie avec tout son talent, suscitant des vocations et une multitude d'imitateurs qui ne se cachaient pas pour lui emprunter un style qui a marqué toute une génération ou puiser allègrement dans son répertoire. Bien des artistes, dont Enrico Macias, n'ont fait que suivre une voie toute tracée. Depuis les années 70, il n'a jamais cessé d'enregistrer des chansons, dépensant des sommes colossales pour monter d'abord un studio à Cannes et ensuite un autre à Paris, pour son plaisir personnel. Il y passait des nuits entières et y conviait les meilleurs musiciens arabes et espagnols. Mieux encore, le "métier" aidant, sa voix et son art se sont affirmés, apportant à son interprétation une souplesse et une sûreté infinies et faisant de lui un artiste inégalable.

En dehors de ses activités d'antiquaire, où il a montré un goût sûr et délicat, il n'a jamais refusé de faire des galas sur la Côte d'Azur, à Paris, au Maroc, à Montréal. Sa spécialité était l'animation des mariages des grandes familles du monde arabe: le roi du Maroc qui avait pour lui la plus grande admiration l'a convié au mariage de sa fille aînée, lui faisant un pont d'or. Pour cerner ce personnage hors du commun, je vous invite à vous reporter à ce que dit de lui un journaliste canadien, Nighthawk, de la Gazette de Montréal, qui a assisté au spectacle que Salim a donné en novembre 75 à Montréal, Place des Arts, devant mille huit cents personnes: "Ses chansons sont presque toutes arabes, avec une touche de modernisme, dans le style qui a donné naissance au flamenco. (...) Salim Halali est énergique, dynamique, plein de charme et il établit une relation très intime avec son public, à la façon de Manitas de Plata. Il entre en discussion avec un spectateur, tourne un compliment à une dame au milieu d'une chanson. Il s'arrête pile dans une chanson triste et s'embarque sur un solo de daraboukha qui fait naître des battements de mains dans le public, dans une frénétique accélération de rythme. Il s'investit totalement dans son chant, se donne dans la joie avec des caprices d'enfant gâté. (...) Il vocalise sur chaque syllabe et les variations se succèdent en une arabesque fleurie dans une orgie de couleurs.(...) D'une chanson française assez pauvre quant au texte, (...) il a su faire un kaléidoscope de sons d'une durée de quinze minutes. Il connaît à la perfection tous les secrets du chant oriental".

Voici donc, pour finir de retracer cette carrière éblouissante, un dernier album consacré à "Salim Hilali au Maroc". pays où il a résidé pendant plus de dix ans. Il y est présenté les oeuvres typiquement marocaines qu'il interprétait régulièrement au "Coq d'Or" et dans ses galas au Maroc et à l'étranger.

Décédé dans l'anonymat à l'âge de 80 ans, le 25 06 2005 à Vallauris.

Laidi Parjou | LE MATIN

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Brahim Alami

L'artiste Brahim Alami, décédé à Casablanca, à l'âge de 72 ans, est une figure marquante de la chanson marocaine dite moderne dont il est l'un des précurseurs. Il est parmi ceux qui ont contribué à en asseoir les fondements dans l'euphorie des premières années de l'indépendance.

C'est à cette époque, en effet, que ce genre musical a connu un véritable départ grâce à une poignée de jeunes qui ont pour noms Ahmed Bidaoui, Abdelouahab Agoumi, Abdessalam Amer pour la tendance qui a adopté l'arabe classique à travers une interprétation axée sur la qacida et une autre qui a opté pour le dialectal marocain dont le chef de file était Mohamed Fouiteh aux côtés de Maâti Belkacem, Ismaël Ahmed et bien entendu l'artiste disparu.

C'est un lieu commun que d'affirmer que Brahim Alami a profondément marqué de son empreinte la chanson marocaine moderne d'autant que son univers mélodique se ressourçait de rythmes marocains. C'est pourquoi ses chansons empreintes de sincérité, sont restées et resteront ancrées dans la conscience collective.

C'était en 1957 qu'il interpréta, en effet, "Mahla Ifrane". Un texte simple, certes original pour l'époque, et une rythmique légère avec une forte touche de vivacité. La chanson ne se résigne pas à être démodée.

Brahim Alami composait lui-même ses chansons, le succès était toujours au rendez-vous car sensible aux rythmes marocains à l'instar des ses compagnons tous aujourd'hui disparus.

Mais comme eux, il a, quelque part, souffert d'oubli, d'un préjudice moral à travers ce regard de condescendance dont l'artiste demeure victime quel que soit son apport et son aura, une fois les projecteurs éteints.

A sa mort, ses chansons tiennent toujours le haut du pavé face à la médiocrité ambiante, sans qu'il puisse vraiment en tirer profit, la mafia de piratage le faisait sans scrupules à sa place.

Invité, d'une émission de télévision, Brahim Alami, plaidait pudiquement pour une reconnaissance de l'artiste, le respect de sa dignité. C'était son testament mais aussi une revendication qui peine à trouver le chemin de la concrétisation.

Né en 1930 à Casablanca, l'interprète de "Yannassi", avait fait ses débuts, dans les années quarante, comme flûtiste dans l'Orchestre de "Al Maytam Al Bidaoui", dirigé à l'époque par Maâllem Mohamed Zniber, avant d'intégrer la radio dans les années quarante et opté pour le luth. Il avait occupé pendant plusieurs années la fonction de chef de l'orchestre régional de Casablanca avant de partir en retraite à la fin des années quatre vingt.

Chanteur prolifique, son répertoire compte plusieurs mélodies devenues des tubes qu'il s'agisse de chansons à thématique sociale, d'amour ou de chants patriotiques.
(Fatima Boutarkha) (Source: MAP - 04/2002)

Ecouter Brahim Alami

Ahmed El Bidaoui

Ahmed El Bidaoui (mort à Salé en 1991) est un compositeur et chanteur marocain. Il a dirigé l'Orchestre Royal de musique moderne.

Oudiste expérimenté, il est également connu pour avoir composé pour de nombreux autres chanteurs et chanteuses.

La musique de Ahmed El Bidaoui se fait connaître au lendemain de l'Indépendance du pays, époque où le sentiment nationaliste marocain tenait une place d'honneur. Les chanteurs ont été influencés par les gammes orientales exécutées par des artistes égyptiens lors de mouachahates. Les compositeurs vont progressivement délaisser l'imitation de style et se débarrasser des influences exogènes pour s'orienter dans une phase de renouvellement et de confirmation de soi, en dépit des moyens limités à cette époque.

La naissance de la radio permet d'écouter les chansons d'Abou Al Hamouli, Salama Hijazi, Sayed Darwich et surtout Mohammed Abdel Wahab. La création de l'Orchestre Royal de musique moderne, à sa tête l'artiste Ahmed El Bidaoui qui apporte un changement radical dans la direction de la musique moderne au Maroc.

A cette époque où la chanson marocaine moderne faisait ses premiers balbutiements pour ensuite se libérer de la tutelle pesante de la chanson orientale et de ses monstres sacrés.

Ahmed El Bidaoui, suivis d'autres musiciens comme Bouchaïb Al Bidaoui, Maâti Al Bidaoui sont considéré comme les pionniers. Au Maroc, des chanteurs tels que Ahmed El Bidaoui ou Ismaël Ahmed chantent en arabe littéral ou en arabe dialectal marocain soutenu, et caractérisé par un accompagnement orchestral.

En 1964, Wajih Fahmi Salah écrit les paroles de Al far'ha al koubra (la grande joie) pour la chanteuse égyptienne Houda Soultane à la gloire du roi Hassan IIcette fameuse chanson sera par la suite repris magistralement par ahmed al bidawi. El Bidaoui figure parmi les mouâniss (accompagnateurs) préférés du jeune roi. À ses côtés aussi, il y avait un autre compositeur, Larbi Kawakibi. Celui-là signera un peu plus tard, un classique du genre : Yajaal lak fi koulli khoutwa salama.

Artiste complet, Ahmed El Bidaoui compose et interprète de la quasi-totalité de ses chansons. Des chansons intemporelles par leurs paroles, leurs thèmes, leur musique que les Marocains connaissent par coeur et interprètent avec nostalgie.

El Bidaoui resta particulièrement attentif et intransigeant sur la qualité des interprétations et sur le choix des chansons lors des représentations de l'Orchestre Royal de musique moderne.

Soumeiya Abdelaziz débute également sa carrière en 1984 avec Ahmed El Bidaou.

Parmi les musiciens qui ont emprunté la démarche artistique du compositeur on trouve notamment Eluahou Bohbot qui intègre par ailleurs sa troupe. Abdelkader Rachdi lui succède à la tête l'Orchestre national de la RTM.

De nos jours, le festival de la chanson marocaine est l'occasion pour les artistes de se faire connaître dans la composition et l'interprétation des oeuvres musicales modernes marocaines. On lui rend régulièrement hommage lors du Festival de Volubilis. Ce festival accueille chaque année une multitude d'artistes venus de tout horizon et de toute culture ainsi que des colloques, des expositions et des projections de films en marge du festival.

Ecouter Ahmed El Bidaoui

Houcine Slaoui

Il fut l'un des premiers chanteurs marocains. Pourtant, il n'a jamais obtenu le statut d'artiste du peuple.

La naissance présumée de Houcine Slaoui pourrait se situer vers 1918. Lui qui mourut si jeune, a néanmoins légué à la postérité des chefs-d'?uvre d'authentiques créations pleines de fraîcheur et d'humour, une sorte de satire sociale de bonne teneur.

L'itinéraire de cet artiste hors pair, était marqué par une série de ruptures et de mutations; au début, il reproduisait, comme les jeunes de sa génération, les chansons en vogue qu'ils avaient l'habitude d'écouter dans les places publiques, et qu'ils avaient capté des disques "tournés" avec les rares électrophones disponibles chez les grandes maisons; il y avait aussi, et probablement, les chansons des films égyptiens qui alimentaient les salles marocaines depuis les années 1930; plus tard, on comprendrait donc mieux comment s'est constitué l'univers mélodique et compositionnel de Slaoui.

Après la Seconde Guerre mondiale, il se lia d'amitié avec un Français, un pianiste de Casablanca, qui décida de l'aider à enregistrer à Paris; il passa alors d'un artiste des places publiques à un meilleur statut après avoir été accepté par la firme "Pathé Marconi" qui allait lui enregistrer près d'une trentaine de chansons et sketchs.

Grâce aux enregistrements, Houcine Slaoui est devenu célèbre sur tout le Maghreb, contrairement à beaucoup de ses contemporains dont on ne connaît aujourd'hui que le nom; c'est le cas de Boujem'a al Farrouj que certains jugent plus important que Slaoui, mais dont on ne possède malheureusement pas de témoignage sonore.

Houcine Slaoui avait adopté un style éclectique dans son traitement des gammes, rythmes et styles marocains; il cherchait comme tout "hlayqi" (chanteur ambulant de la halqa) à satisfaire tous les goûts et choisissait de chanter "à la manière de..." en intégrant tous les genres régionaux dans un moulage tout personnel.

Il utilisa, de ce fait, un nombre important de gammes et de rythmes marocains mais également des modes de la chanson arabe d'Orient, qu'il stylisait et conditionnait par le rythme et le parler marocain.

Dans ce sens, la chanson de Houcine Slaoui peut être considérée comme une phase médiane entre la chanson populaire folklorique "ahâzîj" et le style élaboré de la chanson dite "moderne".

Le lien que Slaoui entretenait avec une thématique populaire imposait des limites à sa mélodie et à ses choix en matière de composition; pourtant il conférait à celle-ci une touche de vivacité et de vigueur; sa chanson qui était souvent musicalement monothématique procédait par des répétitions dont ne se lassaient pas les auditeurs à cause de la variété des tons que devaient comporter le texte poétique et sa prosodie.

Slaoui était surtout le témoin d'une époque mouvementée et d'une génération qui avait connu les affres de la Seconde Guerre mondiale ainsi que ses retombées sur les colonies françaises: mobilisation des forces vives pour les fronts européens, disette et rationnement dans tout le territoire chérifien, bouleversement des habitudes et changement de m?urs consécutifs au contact brutal avec les populations occidentales; on n'avait, pour comprendre cela, qu'à écouter les deux célèbres "Hdi Rassek" (faites attention) et "Al Mirikan" (les Américains).

L'Histoire réservait pourtant une fin tragique à l'artiste; on ne sait pas de quoi il était mort, mais il avait en tout cas souffert d'un mal terrible; ce qui avait alimenté à son sujet une légende de martyre qui pouvait nous rappeler celui des authentiques artistes romantiques du XIXème siècle. Etait-il vraiment empoisonné pour une raison mystérieuse, aurait-il été l'objet d'une intrigue de femmes, ou était-il victime d'une overdose ? Étrange destin!

Écouter Houcine Slaoui

Abdelhadi Belkhayat

Né en 1940 à Fès, Zougari El Idrissi Abdelhadi, dit Belkhayat, a quitté trés tôt sa ville natale pour s'installer à Casablanca. Une audition à la radio, rue l'Brihi, le pousse rapidement sur le devant de la scène. Dominée à l'époque par Mohamed Fouiteh, Maâti Benkacen, Brahim Alami. Il réussit à imposer son style avec sa voix chaleureuse et ses mélodies d'influences orientales. Il représente la nouvelle génération avec Abdelwahab Doukkali, Latifa Amal, Mohamed Hayani. Une génération fascinée par l'Egypte et ses Oum Kalthoum, Farid El Atrach et autres Abdelhalim Hafez. Ce pays avait recu a bras ouverts Sabah la libanaise, Warda El Jazaereya et bien d'autres. Ce qui décide Belkhayat à partir effectivement à la conquête du pays des pharaons et espère trouver une place au soleil. Il s'inscrit au conservatoire supérieur de musique arabe du Caire et trouve tant bien que mal sa place dans cette jungle dominée par certains auteurs et compositeurs. Mais c'est la grande déception qui l'attend. Le dilemme étant de chanter en misriya ou rentrer bredouille. Il choisit la deuxième option. Les trois années (entre 1965 et 1967) passées là-bas lui ont permis malgré tout de se faire connaître du public égyptien. Beaucoup d'égyptiens se rappellent encore de son passage et regrettent qu'il ne soit pas resté. Belkhayat, lui n'a pas regretté, puisqu'il a accumulé succés et gloire tout en préservant son style original. Il est non seulement la coqueluche de toute une génération de marocains mais devient vite une star en Algérie, puis plutard en Tunisie et en Libye. En 1973, son Olympia à Paris rassemblera plus de gens sur le trottoir que dans la salle par manque de places. A cette même époque, il tente une carrière cinématographique avec deux rôles proposés par le réalisateur marocain Abdellah Mesbahi :"Silence sens interdit" (1973) et "où cachez-vous le soleil?" (1979) où il partage la vedette avec Abdelwahab Doukkali. Ces films, tournés entièrement au Caire, sont restés inédits au Maroc.

Pendant ce temps, il multiplie les collaborations avec des auteurs comme Ahmed Tayeb Elalj et Abderrafiî Jaouahiri et son compositeur favori Abdeslam Amer qui ont su populariser son côté classique tout en lui apportant une touche chic et romantique. El Qamar el ahmar, Fi Qalbi jarh q'dim, Aouni nensak sont de grands classiques et font désormais partie du patrimoine collectif marocain. La voix forte de Belkhayat présente l'avantage de s'adapter à différents genres musicaux. Il peut passer sans complexes de la plus difficile qassida de Mohammed Abdelwahab au plus populaire des airs de Hocine Slaoui. Le succès continuera jusqu'à la fin des années 80 où il entame une période mystique et se consacre exclusivement aux psalmodies coraniques. Il se retire dans une mosquée casablancaise et fait l'imam pendant quelques années. Ses fans, pendant ce temps, continueront à répéter le refrain de son qitar El hayat, son dernier véritable succés, tout en le considérant comme le dernier mythe marocain vivant, au même rang que Nass El Giwane ou Jil Jilala.

Écouter Abdelhadi Belkhayat